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Les uniformes de l'époque
Voici une étude qu'à réalisé Bruno sur les uniformes de l'époque (Merci !).

Voici son étude, telle qu'il me la fait parvenir.

Je voudrais revenir sur une concordance entre les Tuniques bleues et la réalité, à partir de photos, de gravures et de deux livres d’uniformologie sur la guerre de Sécession.

Les uniformes nordistes sont assez respectueux. On note que les uniformes des cavaliers se transforment à partir d’en avant l’amnésique. En fait, les Tuniques bleues abandonnent la vareuse que l’on retrouve principalement dans l’infanterie contre le spencer. La modification est réaliste.

Jusque là Blutch et Chesterfield portaient des tenues d’infanterie qu’ils n’auraient pas du porter, notamment avec la cartouchière en bandoulière avec badge que les cavaliers n’ont pas. De même, mais là ça pouvait arriver, les cavaliers portaient des spencers qui arrivaient au dessus des fesses, plus pratique donc et non pas des vareuses ou des vestes longues (exceptés les officiers à cheval).

Lambil a donc remplacé la vareuse par un spencer aux bordures jaunes (jaune, couleur de la cavalerie) ainsi qu’à un décor de bas de bras jeune. La boucle de ceinture n’est pas généralement marquée US (même si ça arrive) mais plutôt frappée d’un aigle, symbole de l’armée et des États-Unis.

Le col des vestes de cavalerie est normalement marqué de bandes horizontales dorées, ce qu’on ne retrouve pas. Mais qui sont difficiles à dessiner, je pense. La couleur des vestes est normalement plus foncée, de même que les pantalons, mais il y a bien un écart entre les deux, le pantalon étant largement plus clair et effectivement marqué de bandes jaunes pour la cavalerie.

La ceinture porte effectivement le revolver à droite (inverse du sabre pour être pris par la main faible et le sabre par la main forte), mais les cavaliers portent aussi une cartouchière devant et une derrière. De plus, la bandoulière qui porte le fusil (la carbine sling) est bien réelle pour les cavaliers.

Les officiers ont une vareuse noire : oui et non. Il est de tradition pour les officiers américains (encore aujourd’hui) de se faire faire les uniformes par des tailleurs. En témoigne le célèbre général George A. Custer (mort à Little Big Horn) qui s’était fait faire une vareuse avec col marin et décorations sur les avants bras. Le tissu était donc meilleur et mieux teint. On peut expliquer que les officiers qui ont des vestes de la même couleur de Blutch et le sergent ont des uniformes fournis par l’intendance, comme Starck qui en déchire 15 par jour !

Les officiers portent généralement une bande de tissu sous la ceinture, qui descend jusqu’au genou, avec un pompon. Mais pas toujours rouge. Ils ont souvent une double boutonnière, notamment les généraux dont la disposition des boutons signifie le grade (brigadier ou major général) La bande jaune des pantalons d’officiers de cavalerie est souvent plus fine puisque faite par un tailleur.

Les auteurs respectent les couleurs de l’artillerie (bandes rouges, galons rouges etc.) et de l’infanterie (bleu), mais ils oublient (c’est un détail) les marques vertes du corps médical. Au passage, il y a bien eu des infirmières (Des Bleus et des Dentelles). La chef s’appelait Clara Harlowe Barton (1821-1912) et suivait personnellement avec ses équipes les mouvements de troupes pour apporter confort et soins aux blessés.

Elle a créé la Croix-rouge américaine 15 ans après la guerre. Les galons sont respectueux excepté Chesterfield qui est le sous officier le plus gradé (sergent major puisque trois flèches et trois courbes). Les épaulettes et le bicorne sont bien réels dans des Bleus et des Dentelles, hérités des années précédentes. De même, mais on n’en voit jamais, il existait encore des chapeaux à plumes comme les shakos de nos hussards, mais principalement dans les milices.

Les zouaves avaient effectivement des pantalons bouffants rouges ou bleu clair et des dessins rouges sur les spencers de formes arrondies. Beaucoup de couleurs (on ne se camouflait pas à l’époque : il fallait encore être visible à cause de la poudre des canons qui cachaient le champ de bataille aux généraux). Il y a même des uniformes turquoises !

Mais, attention, il me semble que les zouaves n’ont pas fait la guerre de Crimée (1854-55) qui n’impliquait pas les États-Unis. En revanche les zouaves sont des régiments de volontaires dont le majorité ont été levé dans l’État de New York.

Leur uniforme est certes largement copié sur celui des Français et certains chapeaux sont mêmes repris sur les troupes coloniales d’Afrique du Nord. Beaucoup de noms de zouaves sont français (Colonel Abram Duryé qui a monté plusieurs régiments, second lieutenant Charles R. Carville, caporal Théodore d’Eschambault…), mais ils sont tous américains, notamment ceux du 11ème NY Zouaves qui étaient les anciens pompiers de la ville, capturés à Bull Run. Mais il est clair que l’inspiration française est très présente. Notamment dans les uniformes.

Dans du Nord au Sud, un prisonnier du camp où est enfermé Chesterfield porte un uniforme vert. Il s’agit d’un Sharpshooter, sorte de tireur d’élite légèrement corps franc. Les Sudistes disaient d’eux qu’ils ne manquaient pas un homme à un mile. Ils avançaient en avant des troupes avec souvent des fusils à lunette.

Les uniformes de la marine sont un peu clairs mais respectueux, notamment le chapeau de paille. Cependant, on ne voit pas de marines à bord des navires. Un régiment de marines a servi et a été défait à Bull Run, mais il y en avait sur les navires pour assurer la garde (comme aujourd’hui dans l’US Navy ou les ambassades)

Passons au Sud :
Plus pauvre, à cause du blocus dont on parle dans la Rose de Bantry. Les uniformes étaient moins bien fait, notamment la teinture (c’est ainsi que les cadets de l’Académie militaire de Virginie qui ont été incorporés à cause du manque de troupes ont vu leurs uniformes se blanchir et s’user très rapidement.

Ils ont été autorisés à porter ce que leurs parents pouvaient bien leur envoyer) . Beaucoup de Sudistes étaient de petits fermiers (sans esclaves) qui n’avaient même pas de quoi se payer des chaussures et marchaient pieds nus. Les Sudistes étaient assez proches de la tradition aristocratique de la France et de l’Angleterre. Les femmes cousaient généralement les uniformes de leurs maris ou fils, surtout pour les officiers.

Les vestes sont soit grises soit gris bleu soit bleu horizon (armée française en 1916), selon les possibilités de teintures. Les pantalons étaient parfois bleus. Les mêmes couleurs s’appliquent (rouge artillerie, jaune cavalerie, bleu infanterie). Les galons des officiers se portent au col et sur les avant bras et non sur les épaules comme au nord (sauf certains cas : le tissu étant rare, il était possible de coudre des galons récemment acquis sur les épaules, ou de garder la tradition de l’armée fédérale).

Grande importance des milices et armées privées : beaucoup d’uniformes. Des uniformes disparates à cause du manque de moyens : des vêtements civils (comme dans le Cavaliers du ciel) et la couverture qui se porte en bandoulière alors que les Nordistes ont un meilleur équipement (sac avec couvertures). Beaucoup de chapeaux personnels. La décoration sur les avants bras est réelle et est composée d’un nombre de bandes correspondant aux grade : une bande dessinée pour lieutenant, 4 pour général).

Il y a eu des drummers boys dans les deux armées, quelques jeunes trompettes aussi. Mais, on ne refusait pas les enfants.

Du Nord au sud nous montre le général Lee avec ses galons se colonel. Il faut savoir qu’il était pour l’Union, contre l’esclavage, mais que comme tout les Virginiens, il était follement attaché à sa terre contre laquelle il n’a pu combattre et a mis « son épée au service de la Virginie ».
www.tuniques-bleues.com