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Navire corsaire de la marine sudiste, le plus puissant de la marine et le plus efficace. Commandé par le capitaine Raphaël Semmes, il a été équipé par le département de la marine en Angleterre, afin de permettre les abordages de navires marchands, et donc de forcer le blocus d’une manière détournée.
La transformation des raiders (C.S.S. Alabama, Florida et Shenandoah) doit leur permettre d’être armés très puissamment, de disposer d’une grande zone de stockage pour les cargaisons des navires pillés, ainsi qu’une zone pour contenir les prisonniers de guerre des navires yankees ou les marins des navires marchands qui auraient échappé à la destruction de leurs navires.
En outre, ces navires doivent être gros pour transporter un grand équipage et un contingent de marines (sudistes, bien sûr).
La captain (capitaine de vaisseau en France) Raphaël Semmes s’est engagé dans l’US Navy comme aspirant à l’âge de 16 ans, tout en suivant les cours de l’académie de Norfolk d’où il est sorti parmi les premiers de sa promotion. Non incorporable par manque de budget en période de paix (comme Custer quelques années après la guerre), il étudie le droit. Missionné avant la guerre contre le Mexique, il y participe comme officier de marine.
Après un début de carrière politique, il démissionne de l’armée lors de l’entrée en guerre et monte le premier corsaire de l’armée sudiste (le Sumter).
Il affrète l’Alabama le 24 août 1862 : 220 pieds sur 32, la machinerie lui apporte dix nœuds de vitesse, soit 13 si l’on combine machines et voiles, huit canons.
Son voyage a duré 22 mois et a couvert 75000 miles, sans revenir au pays. Il a capturé 65 navires unionistes dans les Açores, le golfe du Mexique, au large du Brésil ou à Singapour.
Revenons aux Tuniques bleues : l’Alabama a effectivement fait une pause à Cherbourg (d’ailleurs, on a retrouvé l’épave assez récemment). Il a demandé de pouvoir descendre ses prisonniers et de mettre le navire en cale sèche. Seulement, les autorités françaises ont répondu que les seules cales sèches de Cherbourg étaient militaires et nécessitaient une autorisation de l’empereur, alors en vacances (Napoléon III !), conseillant à Semmes de se rendre au havre où les chantiers privés le lui permettraient.
Il semble que Semmes a eu confiance dans le soutien français à la Confédération, et a préféré attendre le retour de Napoléon III. En fait, la Confédération et la France étaient proches, notamment depuis l’invasion du Mexique par la France en 1860. Mais, le revers de Gettysburg en 1863 a plutôt fait pencher le France et l’Angleterre vers le Nord, futurs vainqueurs.
Semmes a donné permission à ses hommes de descendre à terre. La rumeur s’est répandue et le ministre nordiste à Paris a câblé à l’USS Keasarge la nouvelle de l’arrivée de l’Alabama dans la zone. Le Keasarge était effectivement au large de la Hollande. Winslow s’est donc dépêché de se rendre au large de Cherbourg avant que Semmes ne puisse fuir.
Donc, pas de rencontre dans un bar. D’autant plus que l’ambassadeur américain a demandé à Semmes de se dépêcher. Semmes et Winslow ont servi ensemble durant la guerre du Mexique. Ce n’est pas Blutch qui a rappelé l’équipage, mais un coup de semonce ordonné par Semmes.
Le navire nordiste était plus puissant que son adversaire. Réparé durant deux mois de cale sèche, ses canons sont plus puissants et sa cuirasse supérieure à celle de l’Alabama. En outre, l’Alabama est composé en partie de mercenaires mal entraînés.
Les navires ne se sont pas rencontrés par hasard, puisque le Keasarge a nargué l’Alabama en jetant l’ancre en face de lui, dans la port de Cherbourg (où il n’allait rien se passer, bien sûr). Semmes s’est préparé au combat alors que les deux équipages se sont regardés pendant un temps.
Le combat a été un vrai duel, puisque Semmes a contacté l’agent diplomatique américain, via l’agent sudiste basé à Cherbourg pour lancer un défi au Keasarge.
Il a préparé le navire, a remis les fonds à l’agent sudiste (4700 pièces d’or) et les bons capturés. Il a prévenu les autorités françaises qu’il allait combattre. La nouvelle s’est répandue en France et des parisiens ont accouru avec des drapeaux confédérés pour soutenir leur champion.
L’Alabama a quitté le port à 9h 45, escorté par la Couronne, frégate cuirassée de la marine impériale, pour être sûr que le combat se déroulerait hors des eaux territoriales. Un bateau a même emporté un orchestre en jouant Dixie pour leur donner du courage (l’hymne national sudiste).
Winslow était en train de dire la messe dominicale lorsque l’alarme a sonné. Le combat a duré 90 minutes. L’Alabama a sorti le drapeau blanc.
Semmes et son second Kell ont sauté à l’eau. Récupérés par un navire anglais, ils ont été débarqués avec d’autres membres de l’équipage à Southampton, où il a payé l’équipage. Des admirateurs, et parmi eux des officiers de la Royal Navy, lui ont offert un sabre puisqu’il avait jeté le sien à l’eau en signe de non-défaite.
De retour dans le Sud, Semmes est nommé vice amiral et combat jusqu’à la fin du Sud dans les combats navals. Accusé de piraterie, il est emprisonné après la victoire puis libéré en 1866.
Dernière chose, George McClellan était effectivement mauvais (si l’on puit dire). Un général a dit de lui qu’il était « le seul homme qui pouvait se pavaner en restant assis ». Il voulait se voir comme un petit Napoléon.
Mais il n’a jamais gagné de bataille décisive. Son commandement lui est venu de petites victoires avant Bull Run. Seul victorieux, même si peu d’importance, il est nommé commandant en chef de l’armée du Potomac. Ses hommes l’appelaient effectivement « Little Mac » et « Young Napoléon », mais affectueusement, pas par nullité. En fait, se sentant issu de la cuisse de Jupiter, McClellan se prenait pour le meilleur, le « sauveur de la nation ».
Mais, ce dont il a souffert le plus, c’est de faiblesse. C’est pour ça qu’il a été démis de ses fonctions. Il a perdu des batailles, mais n’a pas su non plus profiter de ses victoires. Peu courageux, il hésitait trop avant de se lancer dans la bataille, même à deux contre un. Pas de brouillard, mais incompétence et assurance trop forte !
Pas de même pour Sherman. Lieutenant de Grant, il est plus estimable, même si les Sudistes le détestent pour avoir ordonné la destruction du Sud et notamment de Atlanta et de toute la Georgie.
Merci à Bruno pour ses longues explications.
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